Gotlib, le titi parisien mis à l'honneur par une galerie belge

10 septembre 2026

Un article de Jean Bernard pour La Libre Belgique

Première grande expo-vente organisée chez Huberty & Breyne Matignon avec une sélection opérée avec sa fille, Ariane Gotlieb.

Il est toujours compliqué de prétendre qu'untel est un géant dans son domaine d'activité. C'est très subjectif mais dans le cas de Marcel Gotlib (1934-2016), on peut certainement le mettre parmi les monstres sacrés de la bande dessinée franco-belge, avec Hergé, Franquin et Goscinny. En tout cas, il plaçait, lui, le Parigot à l'accent prononcé de titi, les deux derniers cités comme ses maîtres, en complétant sa trinité outre-Atlantique avec Harvey Kurtzman, le fondateur de MAD.

Depuis son décès, c'est sa fille, sa progéniture, son ayant droit (”et pas ayant droite, hein ?”), Ariane, qui gère la mémoire de son père. L'exposition présentée par Huberty & Breyne Matignon offre une sélection de planches et dessins opérée avec Ariane, et retrace l'ensemble de la période dessinée de l'artiste, une période finalement assez courte mais intense. “Ses premiers dessins paraissent au début des années 60 dans des revues proches du Parti communiste, comme Record ou Vaillant (futur Pif Gadget), ou La Terre, où apparaissait une première coccinelle, raconte Ariane. Et il arrêtera de dessiner au milieu des années 80, pour se consacrer à l'écriture de billets, d'éditoriaux ou de scénarios pour d'autres dessinateurs. Il estimait alors qu'il avait tout dit par le dessin. Déjà, on remarque qu'il recyclait ses gags d'une série à l'autre, produisant par exemple concomitamment Jujube et Gai-Luron pour Vaillant et Les Dingodossiers (avec Goscinny) puis Rubrique-à-brac pour Pilote.

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