PARIS | Matignon

7 mai > 13 juin 2026

Présentation

Il est des familles où le talent circule comme une énergie vive. Pour François AVRIL et Dominique CORBASSON, le dessin fut leur langage, un héritage transmis très tôt à leurs trois filles. Dessiner pour s’amuser, communiquer, s’évader, rêver aussi. Dans cet environnement où la création occupait une place quotidienne, chacune a embrassé une voie artistique. Et si toutes dessinent, seule GLORIA a choisi d’en faire son métier.

L’exposition P A Y S A G E S  [ X 3 ], à la galerie Huberty & Breyne, espace Paris  |  Matignon donne à voir les univers de cette famille d’artistes. GLORIA y présente une nouvelle série d’œuvres sur papier, initiée lors de sa résidence à La Rocabella, aux côtés de dessins de François AVRIL et de compositions inédites de Dominique CORBASSON, disparue en 2018. Territoires intérieurs, bords de mer, paysages urbains et forêts mystérieuses dessinent ici un ensemble de motifs qui traversent leurs pratiques.

En trait d’union, l’exposition accorde également une place aux créations à quatre mains. Les collaborations entre Dominique CORBASSON et François AVRIL répondent, pour la première fois, avec celles de leur fille. Ce dialogue dessiné entre générations devient un espace de circulation et d’échange.

GLORIA
L’écho de la forêt

Fille de dessinateurs, Gloria grandit dans un environnement où le dessin occupait une place naturelle. Très tôt, elle manipule crayons et pinceaux, participant parfois aux jeux graphiques et aux cadavres exquis organisés par ses parents et leurs amis dessinateurs.

Formée à l’École Duperré, GLORIA, qui signe ses œuvres de son seul prénom en capital, a développé au fil des années un univers intime. Avec une grande maîtrise du dessin et une sensibilité particulière à la couleur, elle compose des paysages nocturnes et des scènes inspirés par l’imaginaire des road movies et du cinéma indépendant. Devant ses œuvres, on pourrait presque entendre la bande-son de Twin Peaks ou de Thelma  &  Louise. Grandes étendues, immensité des plaines et des forêts, cabanes ou motels isolées, rouleaux de bitume qui fendent le paysage : autant de décors où l’espace semble s’étirer à l’infini.

Réalisés au crayon de couleur, ses dessins reposent sur un travail patient de superpositions. Les teintes se déposent en voiles successifs, laissant émerger la lumière autant que la narration. L’artiste aime le contact du crayon sur la feuille, la lente construction de l’image et la précision du geste. Ses œuvres peuplées de femmes évanescentes semblent évoquer l’absence, l’attente et un temps suspendu. Ses personnages, apparaissent silencieux, comme des présences fugitives dans ces paysages où le récit demeure ouvert.

Cette nouvelle série composée d’une quinzaine de dessins s’inscrivent dans la continuité de son récit. Elle y explore ici le mystère des forêts, leur énergie à la fois enveloppante et inquiétante. Cette série, initiée lors de sa résidence à la Rocabella trouve une résonnance singulière :

« La forêt me représente, elle incarne un territoire intérieur, fait de strates, de silences, de zones d’ombre et de lumière. J’y développe une atmosphère immersive, où les repères du réel se transforment à travers l’usage de couleurs volontairement surréalistes. La figure féminine y apparaît de manière récurrente, comme une présence centrale ou une extension de moi-même, en dialogue avec cet environnement. Le cheval blanc, présent dans plusieurs de mes dessins, agit comme une apparition fantomatique. La forêt devient un lieu de passage, de transformation et de narration visuelle. »

Dessiner ensemble

Dominique CORBASSON et François AVRIL se rencontrent aux Arts appliqués de Paris. Entre les deux étudiants naît rapidement une complicité qui les conduira à s’épauler dans leurs carrières tout en fondant leur famille. Leur vie s’écrit au fil du dessin : l’un conseillant l’autre, partageant un langage qu’ils transmettront naturellement à leurs trois filles, Victoire, Pénélope et Gloria.

Le couple cultive la création partagée. Il n’est pas rare de reconnaître, dans les œuvres de Dominique CORBASSON, une perspective reprise par François AVRIL, ou de retrouver dans les tableaux de ce dernier une harmonie colorée suggérée par Dominique. Le tandem réalise également des œuvres à quatre mains, notamment pour l’exposition West Coast à la galerie Huberty & Breyne de Bruxelles, et signe en 2017 l’ouvrage Little Audrey’s Daydream, consacré à l’enfance et à la vie d’Audrey Hepburn.

Cette pratique du dessin comme espace commun, GLORIA en a directement hérité. « Des trois filles, Gloria était celle qui dessinait le plus », se souvient François AVRIL. « Le soir, en rentrant, j’avais souvent le plaisir de découvrir un dessin qu’elle avait réalisé dans la journée et qu’elle signait “GLORIA PAPA”. J’ai gardé ces feuilles auxquelles je tiens beaucoup. Elles sont la trace d’une longue conversation dessinée. »

S’inscrivant dans le sillon tracé par ses parents, elle a su façonner un langage singulier, à la fois énigmatique et poétique. « Au sein de notre famille, nous avons partagé énormément de choses : des influences, des regards, des univers. Malgré ces affinités communes, chacun de nous a réussi à trouver sa propre écriture et son identité », confie François AVRIL.

Dominique CORBASSON
Observer le monde

Artiste citadine amoureuse de ses origines bretonnes, Dominique CORBASSON s’imprègne toujours de l’atmosphère qui l’entoure. La ville, et Paris en particulier, constitue l’un de ses terrains d’observation privilégiés. À vélo, elle en arpente les rues, les boulevards, les jardins et les terrasses, attentive aux gestes et aux habitudes de ceux qui les traversent.

Mais son regard ne se limite pas à l’espace urbain. Très attachée à la nature et la Bretagne en particulier, Dominique CORBASSON y accorde une place importante. Les côtes bretonnes, les rivages californiens, les lumières du Nord ou les paysages écossais nourrissent ses œuvres où l’horizon, la mer et la végétation sont les protagonistes de ses compositions. Peu importe son sujet, Dominique CORBASSON capte avant tout l’atmosphère du lieu. Dans ses dessins comme dans ses peintures, architectures, arbres et silhouettes humaines cohabitent d’une même harmonie. Couleurs franches, aplats lumineux et trait libre donnent à ses œuvres une présence sensible et éclatante.

François AVRIL
Composer l’espace

Figure majeure du dessin contemporain, François AVRIL a construit au fil des décennies une écriture graphique unique, où le trait noir organise l’espace avec une grande économie de moyens.

Ses compositions procèdent d’un travail de synthétisation et de recomposition. Lignes verticales et horizontales, aplats de couleurs, silhouettes filiformes et perspectives architecturées structurent la surface de la toile ou du papier.

La ville occupe une place importante dans son travail. Paris, New York, Tokyo, Hong Kong ou Bruxelles deviennent sous son crayon des paysages recomposés, à la fois familiers et imaginaires. Mais son regard ne se limite pas à l’univers urbain. L’artiste explore également les paysages naturels, falaises, côtes, horizons marins, qu’il aborde avec la même rigueur de composition.

Qu’il s’agisse d’une ville ou d’un paysage, François AVRIL cherche moins à restituer la réalité qu’à en retenir l’essentiel, laissant au spectateur une totale liberté d’interprétation.

 

VERNISSAGE
Mercredi 6 mai 2026
de 18h à 21h
en présence de
GLORIA et François AVRIL

EXPOSITION
Du Jeudi 7 mai
au samedi 13 juin 2026

PARIS | Matignon
36 avenue Matignon, 75008 Paris
Mercredi > Samedi 11h – 19h