À PROPOS

Rares sont ceux qui peuvent se targuer d'avoir fait école. C'est le cas de Jacques Martin qui, avec le grand maître Hergé et l'énigmatique Edgar P. Jacobs, est l'un des trois principaux représentants de celle dite « de Bruxelles ». Adepte d'une ligne claire et d'une documentation abondante, il est le père de la bande dessinée historique. Il a mené l'intrépide Alix aux quatre coins de l'Empire romain pour la plus grande gloire de César. Il a aussi fait voyager le sculpteur Jhen au coeur d'un Moyen-Âge obscurantiste, où le jeune homme a souvent croisé Gilles de Rais, un ami toumenté. Quant au reporter Lefranc, transposition moderne d'Alix, il n'aura de cesse de lutter contre sa némésis, Axel Borg.
Passionné très jeune par le dessin et l'Histoire, Jacques Martin s'oriente, contraint et forcé par son entourage, vers les Arts et Métiers, alors qu'il rêvait des Beaux-Arts. Qu'importe : il en retiendra, entre autres, un sens inné de la perspective, ainsi qu'une rigueur qui deviendra petit à petit source de grande fierté et de respectabilité. Créateur insatiable, Jacques Martin est également l'un des plus importants collaborateurs d'Hergé au sein des studios qui portent son nom. Aux côtés de Bob De Moor ou encore Roger Leloup, il a oeuvré dix-neuf ans à la droite du pionnier de la bande dessinée, à la fois pour la réalisation de certaines illustrations du journal Tintin, mais également pour celle des dernières aventures du reporter.
A la fin de sa carrière, bien que pratiquement aveugle, Jacques Martin est encore doté d'un enthousiasme déroutant. Il s'est entouré d'une équipe de scénaristes et de dessinateurs avec laquelle il mène ses héros vers de nouvelles aventures. Des classiques de la bande dessinée qui ont survécu à sa disparition, en 2010, à l'âge de 88 ans.