À PROPOS

Christophe Chabouté ne fait aucune concession dans le trait. L’auteur révélé par Sorcières, en 1998, met du ressenti dans tout ce qu’il dessine. Sa couleur fétiche, c’est le noir et blanc. Il laisse au lecteur la liberté d’y ajouter les siennes. Le noir et blanc est tout simplement son mode d’expression. Dans sa tête, il est écrit que les histoires qu’il raconte sont en noir et blanc pour se libérer des contraintes esthétiques et narratives. Il n’emploie la couleur que si elle apporte du sens au récit.
Né en Alsace en 1967, Christophe Chabouté vit aujourd’hui sur l’île d’Oléron. Il remplit ses cases avec une maîtrise du silence que l’on pensait perdue depuis la mort d’Hugo Pratt et de Didier Comès. Jamais satisfait de son travail, l’artiste cherche l’émotion pure au fond de l’encrier. Il excelle dans cette discipline honnie de la plupart de ses confrères : l’encrage. Son esprit ne connaît pas l’angoisse de la tache d’encre parce que les accidents lui ouvrent de nouvelles pistes graphiques, l’aide à dépasser les codes.
Christophe Chabouté travaille dans la sincérité et l’émotion pure, à l’économie de moyens. Le Festival d’Angoulême l’a ressenti en lui attribuant un Alph-Art coup de cœur pour le récit intimiste de Quelques jours d’été en 1999. Il ne fait jamais de surenchère dans l‘image, qu’il s’attaque au monstre Landru, ou à celui d’Herman Melville, Moby Dick. Ce créateur solitaire aime regarder le monde autrement pour sortir le regard de ses habitudes et détourner les clichés du dessin.