ANDREAS

Cyrrus
Planche 40 et 41

Lot n° : 422

Cyrrus Fox, un archéologue, a fait déplacer et reconstruire dans son domaine un temple étrange… Sans le savoir, il a ouvert les barrières du temps et libéré une entité maléfique qui y était emprisonnée ! Cyrrus est un des albums les plus intrigants d’Andréas. De nombreux articles et quelques ouvrages ont été consacrés à ce récit à clefs. Sa suite, Mil, qu’il réalise en 1987, ne fait qu’approfondir le mystère. En septembre 1993, à l’occasion d’une réédition en intégrale aux éditions Delcourt, Andréas dessine quatre nouvelles pages et modifie l’ordre de certaines séquences afin de fluidifier la compréhension de cette histoire fantastique. Cette double page est l’un des meilleurs exemples du sens inouï du cadrage et de la composition, ainsi que du sens formidable de l’encrage d’Andréas chez qui le thème du labyrinthe est primordial.

Dimensions : 43.8*32.9 cm.

ADJUGÉ : 2 800 €

Estimation : 2 800 / 3 000 €

Type : Planche originale
Technique : Encre de Chine sur papier
Édition : Métal Hurlant
Année : 1984

ID : 10439

Andreas hante l'inconscient de la bande dessinée de ses illuminations depuis plus de trente ans. Né en 1951, ce maître allemand de la fantasmagorie vit ses cauchemars éveillés à travers des héros du paranormal, égarés aux frontières de mondes parallèles. Cromwell Stone, Rork ou Capricorne traversent des dimensions inconnues, passant de la couleur au noir et blanc.
Le trait d’Andreas fracture le gaufrier classique de la bande dessinée, dynamite les codes narratifs et fouette l’imagination pour emmener le lecteur vers de nouveaux horizons oniriques. L’auteur brouille les sens de lecture traditionnels, piège la rationalité et réinvente sans cesse l’art de raconter à la manière d’ Howard Phillips Lovecraft ou d’Edgar Allan Poe.
L’artiste fait des pieds de nez à la relativité du temps, dont le principe est au cœur même de son œuvre. En 1978, à ses débuts dans le journal Tintin, la bande dessinée n’en avait que pour la couleur mais quand À Suivre est venu remettre le noir et blanc à la mode, il a signé dans la revue ses Révélations posthumes avec François Rivière.
Orfèvre en hachures et cartes à gratter,  Andreas estime que les limites sont faites pour être dépassées. Habité par une force métaphysique, il renverse  les contraintes pour traverser des dimensions encore inconnues du 9e Art. Cet audacieux appartient à la race supérieure des créateurs capables de dématérialiser le récit. Les clés de son univers renvoient à d'autres mondes. Son graphisme surnaturel flirte parfois avec l’art abstrait.