CLAEYS
Magnum Song

Il y a vingt ans déjà naissait Jonathan Foolishbury, détective privé empruntant les traits de Marlon Brando, des mains de l’artiste Jean-Claude Claeys. Après « Whisky’s Dream », il poursuit ici son aventure dans l’album « Magnum Song », publié à l’origine dans le mensuel (À Suivre) en 1981.

Si Jean-Claude Claeys utilise et détourne des images issues de sa documentation personnelle, c’est surtout grâce à son don pour la composition et à sa technique où le clair et l’obscur s’affrontent continuellement en noir & blanc, qu’il délivre dans ses albums une ambiance sombre et violente, typique des films et romans noirs américains de la première moitié du XXe siècle.

Ce réalisme est exacerbé dans Magnum Song par le choix de Jean-Claude Claeys de donner aux protagonistes de son histoire des visages hollywoodiens bien connus. Si l’œil averti note tout d’abord une apparition de Marilyn à la planche 45, ce sont les personnages qui épousent les traits d’acteurs célèbres tels que Marlon Brando, Robert Mitchum, John Wayne ou encore Clint Eastwood qui rendent la noirceur du roman toujours plus prenante : ces visages familiers sont confrontés de force à l’ambiance fiévreuse de la plume de Jean-Claude Claeys. Corruption, crime organisé, hommes politiques véreux, et surtout les femmes — personnages centraux de l’œuvre de Jean-Claude Claeys, dont la beauté constante ne reflète en rien la noirceur dont elles peuvent être capables.

Claeys définira lui-même son travail dans une autofiction intitulée « Les lieux du mystère » : « [ Jean-Claude Claeys est un ] spécialiste de la représentation de la mort violente, du crime organisé et de la délinquance artisanale. Et quand il dessine simplement une jolie fille, son public cherche un maniaque caché derrière un pan de mur foudroyé ou un Chesterfield patiné. Voici un petit florilège de sa mortifère industrie... »

 

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